Ôde à la génération Y

generation-yL’année 2013, si elle n’est pas encore terminée, sera probablement celle qui marquera l’avènement d’une nouvelle génération : la génération Y.

Cette génération, née après le baby-boom, a vu naître une réaction farouche à leurs aînés soixante-huitards. Veilleurs, Antigones, jeunes marqués par un certain libéral-conservatisme … Cette génération, incluant les gens nés entre fin 1970 et fin 1990 aura été génératrice d’un véritable contre-mai 1968, laissant les valeurs d’une gauche humanitariste, que Mitterrand a voulu jeune, au placard de vieux débris installés dans leur confort bourgeois.

Car c’est là que se situe le grand hiatus : cette génération est née après la crise de 1973. Les Trente-Glorieuses, dans lesquelles ont baigné les soixante-huitards, sont passées et la nouvelle génération doit faire face aux crises multiples qui l’assomment.

Entre un confort matériel qui donne le jouir sans entrave et le désespoir social qui entraîne un retour aux traditions, ces quarante dernières années auront été riches en luttes générationnelles.

Cette nouvelle génération lutte contre le consumérisme ambiant et semble nous amener à revenir aux fondamentaux, aux traditions, face à un marché omnipotent qui nous est vendu depuis cinquante ans mais qui a montré ses faiblesses.

La génération Y, c’est également la génération qui aura le plus eu de fans de science-fiction et d’héroïque-fantasy, aux messages clairement réactionnaires et anticonsuméristes.

D’aucuns diraient que cette génération n’a pas attendu 40 ans pour avoir toute sa tête.

Bref, la génération qui s’est révélée ces dernières années est la génération anti-mai 1968 qu’attendent beaucoup, et son potentiel, à mon sens, est gigantesque tant elle n’a pas encore eu l’occasion de l’user.

L’avenir appartient à cette jeunesse, dont je fais moi-même partie. Il est de notre devoir de refuser toute instrumentalisation et représentation par de jeunes apparatchiks pour qui « ambition » signifie « carrière ».

Que cette génération aille loin, et fasse plier l’idéologie dominante amorcée par les ancêtres du Quartier Latin, aujourd’hui grands-parents. Il est temps qu’une nouvelle génération s’installe, et avec elle, une nouvelle donne sociale, économique et politique !

Everybody loves Mulhouse !

Tous le monde « aime » Mulhouse. Cette ville aux multiples facettes. Dommage que cet amour ne transparaisse qu’à 6 mois des prochaines échéances municipales qui promettent d’être serrées, alors que la gauche peine à créer une synergie et que la droite ne parvient pas à se défaire de ses démons mitterrandiens.

Facebook fourmille de pages et de groupes, bien souvent politiques, chantant les louanges de la cité du Bollwerk.

La course est lancée ! Celui qui aimera le plus Mulhouse serait donc sûr d’être élu en mars prochain.

La séduction électorale fonctionne comme la séduction humaine : vous voulez cette ville ? Montrez-lui que vous lui vouez un amour sans bornes et vous pensez qu’elle vous ouvrira les bras. C’est donc la course à celui ou celle qui aimera le plus cette ville, comme hier l’heure fût à celui ou celle qui aimait le plus l’Alsace, quitte à n’y vivre que 25% de l’année.

Seulement, ce qu’oublient certains, c’est que l’enjeu municipal de la cité protestante, ce ne sera pas d’aimer Mulhouse. Le politique n’a pas à être dans l’affect, même si la crise du politique peut le laisser croire. Ce que les Mulhousiens jugeront, c’est l’aptitude à la gestion d’une ville de plus de 110 000 habitants afin de la faire prospérer sur le plan économique, social et culturel.

Ce dont a besoin Mulhouse, c’est de lui permettre de sortir de la crise profonde dans laquelle elle s’ancre depuis maintenant dix ans. Dix ans que Mulhouse, ville industrielle par excellence, jadis surnommée « le Manchester français », subit de plein fouet les foudres de la désindustrialisation dont la très émouvante Isabelle Maurer nous fît un énième témoignage cette semaine.

L’âge d’or de l’industrie est terminée, et les prochaines échéances mettront en valeur le ou la candidate qui saura au mieux faire rentrer Mulhouse dans la modernité.

Car cette ville, protestante et pétrie par la franc-maçonnerie entrepreneuriale, a aujourd’hui plus que tout besoin d’un nouveau souffle, lassée des vieilles lunes et d’un clivage uniquement destiné à masquer le conformisme des élites.