Une pensée pour chaque victime …

Comment qualifier la barbarie ?

Comment qualifier notre état d’esprit ?

J’ai l’impression d’avoir vécu une nuit continue depuis hier soir.

D’abord de la surprise, autour de 22 heures, à la nouvelle des fusillades. Pensant aux faits d’un gang, comme on peut en voir dans la cité phocéenne, les explosions augmenteront la sensation de guerre qui se dégage de ces événements.

Puis, l’effroi, devant la prise d’otage et le massacre devant les spectateurs venu voir Eagles of Death Metal, qui venait de sortir leur nouvel album intitulé Zipper Down. Le lendemain, un des trois groupes de référence du nu-metal, Deftones, devait procéder à une représentation. Un effroi qui n’a fait qu’augmenter en lisant les statuts facebook et tweets de gens présents sur les lieux …

Enfin, l’effroi s’est transformé en force. La force de continuer à vivre, libre, car il s’agit certainement de la plus belle contre-attaque contre la terreur et les ennemis de la liberté.

Ce jour, je serai donc bien présent dans ce supermarché de banlieue mulhousienne, pour une nouvelle journée de dédicace.

Depuis hier soir, nous sommes tous Parisiens.
Depuis hier soir, une pensée nous anime pour chaque victime de la barbarie terroriste.
Depuis hier soir, nous sommes des Français, debout et libres, fier de notre idéal civilisationnel, face au fanatisme.

Je ne peux pas ne pas penser aux victimes, de même qu’aux forces de l’ordre. Je ne peux pas m’empêcher de me dire tout cela était évitable. Je ne peux pas m’empêcher de me poser la question et de me rendre compte que personne, civil, n’aurait su agir face à cela.

BFMTV tourne aux boucle depuis hier soir … Alors non, ne récupérons pas politiquement les 120 morts et 200 blessés. Ne récupérons pas la panique des forces de l’ordre. Ne récupérons pas l’incapacité d’éviter ce drame, car le risque zéro n’existe pas, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il aurait pu être largement réduit. Je ne peux m’empêcher, en pensant à ces 120 cadavres, à ces 120 individualités, venus prendre un café, un diner ou profiter d’un concert ou d’un match, un vendredi soir, après une semaine éreintante. Je ne peux m’empêcher, de me sentir coupable, en tant que Français, patriote et homme libre.

Depuis hier soir je pense à mes amis qui étaient présent à la Capitale, et qui ont été annoncés sains et saufs progressivement dans la nuit, mais également à deux hommes d’une droiture et d’une fermeté rare.

L’un est mort le 29 juin 2015.

L’autre, que j’ai toujours vu comme son alter-ego, est président de la Fédération de Russie.

21h17-2h20.
5 heures …