Soyez nombreux à la réunion publique de François FILLON, ce jeudi, à Cernay !

Je vous avais déjà fait part de mon choix pour la primaire de la droite et du centre et des raisons qui m’y ont naturellement amené.

Voici donc que je vous convie à la réunion publique organisée à Cernay jeudi 17 mars à 19 heures.

La réunion sera suivie d’une rencontre avec François FILLON autour d’un verre de l’amitié.

N’oubliez pas de confirmer votre présence.

Ci-joint les deux articles parus dans la presse ce dimanche pour annoncer la venue du candidat.

Oui, l’Alsace était une terre d’Austrasie

Ça y est ! Nous sommes le 14 mars.

Comme je vous l’annonçais, dès aujourd’hui 15h et jusqu’au 1er avril (jour symbolique si on nous pond les très technos « Acalie » ou « Grand Est »), quelle que soit votre région, vous pouvez voter pour le prochain nom de la région ACAL / Grand Est.

Conformément à un engagement démocratique du président de région Philippe Richert, qui, après l’échec du référendum de 2013, a très bien compris que les débats changeaient, le nouveau nom sera soumis au vote après une présélection assez aisée compte tenu du nombre de trolls, passant de plusieurs centaines à 16 puis de 16 à 3 puis de 3 à 4 compte-tenu de pétitions lancées sur Internet (ce qui, après l’affaire Sauvage et la loi El Khomri, m’effraie un peu sur l’état de notre démocratie)

Une démarche participative et démocratique, n’en déplaise aux séparatistes qui ont d’ores-et-déjà quitté la sphère de la démocratie qui limiter à un trolling sans intérêt et qui reste sur un débat vieux de 2 ans.

Aujourd’hui, cependant, je tend la main aux régionalistes : lorsque le débat se reposera, je propose une nouvelle région, comprenant les 2 départements alsaciens actuels auxquels seraient rattachés le Territoire-de-Belfort ainsi que la Moselle.

Ce que je souhaite
Ce que je souhaite.
Ce que je propose
Ce que je propose.

Mais le débat n’est plus sur ce sujet, mais sur celui du nom, et certains feraient bien de s’en souvenir s’ils ne veulent plus être cocus. Que ceux qui ont une lutte de retard quittent cette page immédiatement, puisque je vais parler de problématiques actuelles *musique flippante*.

Je l’avais écris samedi : pour moi, ce sera Austrasie, et à force de discuter de ce sujet tout au long du weekend, j’ai constaté un point de friction qui m’amène à écrire ce matin : beaucoup justifient leur dégoût de l’intitulé de « Nouvelle Austrasie » par le fait que l’Alsace n’y était pas.

Si cette remarque est pertinente sur une certaine période, elle ne l’est plus durant une autre, et surtout, elle omet la logique historique de relativité des territoires.

Ceux qui évoquent cela sont les mêmes que ceux qui me reprochent de vouloir fusionner le 68 et le 90 au prétexte que Belfort a quitté le giron haut-alsacien en 1871.

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#MerciAuRevoir

Oui, l’Alsace était austrasienne.

Entre 511 et au moins 752, l’Alsace était une composante de l’Austrasie.

En 511, le roi Thierry 1er, fils de Clovis, reçoit en héritage, avec ses 3 frères, une part du Royaume Franc correspondant à la Lorraine, la Rhénanie, la Champagne , la Belgique, le Sud de la Hollande et … et … ? L’Alsace !

Une situation qui changera autour de 752.

Donc non, l’Alsace n’a pas « jamais été austrasienne ». Elle l’a été, mais pas tous le temps. Une nuance de taille dont l’omission relève de la désinformation pure et simple.

Pour finir, vous avez jusqu’au 1er avril pour voter pour la Nouvelle Austrasie. Je compte sur vous.

Pour une Nouvelle Austrasie – Comment nomme t-on une région française ?

Je vous l’annonçais dimanche dernier, ce samedi ont été choisis 3 des 16 noms retenus par le comité en charge de la dénomination de la nouvelle région.
J’ai tremblé quelques minutes avant de trépigner. En effet, aux vues des choix dudit comité, se sont dégagés 3 noms :

  • Nouvelle Austrasie (36 voix).
  • Acalie (32 voix).
  • Rhin-Champagne (26 voix).

Aux vues des votes, les élus ont préféré des dénominations qui aient un sens plutôt qu’un coup marketing sans intérêt (à 62 voix sur 94 en cumulant le premier et le dernier).

Un choix qui change du fameux « Grand Est » quasi plébiscité la semaine dernière et qui témoigne d’une volonté des élus d’enraciner cette région et de compenser l’idiotie de sa création par un paramètre identitaire qui n’est pas pour me déplaire, tant bien que je prend dès aujourd’hui mon bâton de pèlerin afin de vous enjoindre de voter pour une Nouvelle Austrasie.

Dès lundi, ces trois noms seront soumis au vote des citoyens avant que le nom choisi ne fasse l’objet d’un vote au Conseil régional le 29 avril prochain.

Aux vues des votes que je vous ai cité dimanche dernier, on se tourne vraisemblablement vers un duel serré entre Rhin-Champagne et Austrasie. De quoi me rendre tout fou.
Un choix qui m’amène à me poser une question que peu ont, à ma connaissance, posé : comment nomme t-on une région française ?

Pour cela, pas besoin de moultes développements compliqués : on va reprendre les anciennes 22 régions métropolitaines pour en faire une analyse comparative et statistique.

I. Les anciennes provinces (59%)

Ici, rien de compliqué, ce sont les 13 régions correspondant à des provinces ou à des bouts de provinces que l’histoire à forgé :

  • Alsace.
  • Bretagne.
  • Haute-Normandie (bout de Normandie).
  • Franche-Comté (qui est historique un Franc-Comté de Bourgogne, à l’exception de Belfort qui est alsacienne).

 

II. Les associations de territoires (27%)

 

On retrouve ici les territoires qui sont nés de jeux de briques parfois mal calculés comme l’est aujourd’hui la région ACAL :

  • Rhône-Alpes (constituée autour « d’une partie de la Bourgogne historique, de la Savoie, du Lyonnais, du Languedoc, du Venaissin et du Dauphiné » (Je suis le Département, page 11)).
  • PACA.

III. Les spécificités géographiques ou administratives (14%)

  • Ile-de-France.
  • Centre.
  • Pays de la Loire.

Tout cela pour dire quoi ?

Que le choix du nom doit dépendre d’une identité culturelle, sinon géographique.

La Nouvelle Austrasie correspond, à mon sens, à cette exigence.

J’ai fais mon choix, et vous, quel est le vôtre ?

Loi El Khomri – À quoi ressemblerait une vraie « procession libérale » ?

Sans titre 1Jeudi dernier, j’avais attiré votre attention sur la mascarade visant à dénoncer l’avant-projet de loi El Khomri sur son prétendu caractère libéral.

Certains m’ont depuis posé la question : et si elle était libérale, qu’est-ce que cela serait ?

Vous me connaissez, j’adore les défis, alors chiches !

Je précise une nouvelle fois que cet article ne signifie en rien que je cautionne ce qui va être mis sur la table, parfois même bien au contraire.

J’ai actuellement une réflexion sur la philosophie libertarienne, mais je suis un partisan du pragmatisme au service d’objectifs simples : la liberté et la responsabilité de l’Homme ; la souveraineté et l’indépendance de la France. Toute ma réflexion vise, depuis plusieurs années, à faire coïncider les deux. Une réflexion résumée par un sigle : RPR.
Des objectifs qui m’amènent à poursuivre ma réflexion sur des sujets divers. Pour exemple, samedi matin, j’ai pu m’interroger sur le prix Nobel d’économie Jean Tirole et l’école de Toulouse, comme moteur du rôle français dans l’économie mondiale.

Une nouvelle fois, je vais vous proposer une qualification, mais cette fois, pour des raisons de concision, je vais faire cet article sous forme de tirets.

  1. Une politique économique libérale

Pour servir de base à cet article, revenons sur la définition que j’ai donnée pas plus tard que jeudi : une politique libérale « s’oppose donc à toute intervention et à tout contrôle de l’État ».

Si on reprend les fondements philosophiques du libéralisme économique, on peut y ajouter 4 éléments :

  • Le droit de propriété
  • La liberté contractuelle.
  • La liberté des prix.
  • L’état de droit.

L’État doit donc assurer le respect de ces fondements. Le maître mot sera donc la souplesse, mais dans le cadre de ces principes.

  1. Si l’avant-projet El Khomri avait été libéral …

Voilà donc le dur de notre développement.

Qu’en serait-il si ce texte avait été réellement la « procession libérale » que beaucoup dénoncent ?

    1. Sur les objectifs
  • Assouplir le droit du travail.
  • Adaptation à la conjoncture économique.
  • Donner plus de marges de manœuvres et de libertés aux entreprises.
    1. Sur le temps de travail
  • Suppression des 35 heures.
  • Heures supplémentaires négociées.
  • Renvoi du temps de travail à la négociation d’entreprise. Le cadre serait celui fixé par l’Union européenne et notamment la  directive 2003/88/CE. C’est le plus libéral que l’État puisse proposer. Évitons de surtransposer.
  • Instauration du forfait jour possible par décision unilatérale de l’employeur (DUE).
  • Astreintes fixées par DUE également.
    1. Sur les licenciements
  • Licenciement libre.
  • Une seule cause de licenciement pour motif économique à interprétation large.
  • Fixation des indemnités en cas de licenciement abusif par voie de médiation.
    1. Sur les accords collectifs
  • Les accords collectifs peuvent porter sur tout ce qui n’est pas dans les 61 propositions du rapport Badinter.
  • Primauté de la DUE sur l’accord collectif.
    1. Sur le compte personnel de formation
  • Baisse de cotisations visant à dégager des marges que le salarié comme l’entreprise seraient libres d’utiliser.

Région ACAL – Après le casse-tête de la fusion, l’imbroglio du nom

C’est un des points les plus épineux de la mise en place de la grande région regroupant l’Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardennes : l’intitulé.

Le territoire ne correspondant presque à aucun autre, à l’exception de l’Austrasie (voir en infra) et de la Lotharingie, il est très difficile de trouver un nom et, mieux, un symbole commun pour une région qui, quoiqu’on en dise, est liée par l’écran qu’elle a été par rapport à l’Allemagne durant 1 siècle de conflit.

Je ne vais pas revenir sur l’historique de ce qui a abouti à cette situation, mon avis sur la décentralisation telle que menée en France ayant fait l’objet d’un grand nombre d’articles et même d’un pamphlet sorti il y a plus d’un an, donc limitons-nous en au nom, bien que déjà évoqué lorsque je vous parlais des enjeux du scrutin.

Mais je suis bien contraint de vous en reparler.

En effet, le fameux Comité de Réflexion et d’Accompagnement sur le futur nom de la Région de l’Alsace Champagne-Ardenne Lorraine a enfin réussi à isoler, le 27 février dernier, 16 potentiels noms parmi les 339 propositions (dont beaucoup de trolls de séparatistes sans intérêt).

16 noms qui ne seront plus que 3 dès samedi.

Je vous laisse les découvrir :

  1. ACALIE
  2. ALCADIE
  3. ALCALIE
  4. AUSTRASIA
  5. AUSTRASIE
  6. ESTRIE
  7. EST UNION
  8. GRAND EST
  9. GRAND EST DE FRANCE
  10. ILE D’EUROPE
  11. MARCHES DE L’EST
  12. NOUVELLE AUSTRASIE
  13. OREST
  14. RHIN-CHAMPAGNE
  15. UNIEST
  16. UNION GRAND EST

À l’heure où j’écris ces lignes, sur le sondage lancé par FR3, c’est « Grand Est » qui semble l’emporter assez largement (45%) suivie de « Rhin-Champagne » (9%), puis de « Austrasie » avec 8%.

  1. Commentaire

En voyant ces noms, on trouve quatre groupes.

  1. Le nom qui fleure bon l’idéologie unioniste

Je ne vous fais pas un dessin : Île d’Europe calque parfaitement le nom d’une autre région française : l’Île-de-France. Un calque qui se transforme en parodie assez vite, puisqu’on sous-tend ici que la nouvelle région est une région européenne avant d’être une région française.

Pas besoin d’aller plus loin : vous aurez compris que je trouve le nom complètement con.

  1. Les noms sortis de la pochette surprise d’un publicitaire

On retrouve ici les noms relevants d’abréviations hasardeuses qui sentent bon le marketing :

Les deux derniers me rappellent une entreprise de bonbons pas loin de chez moi …

  1. Les noms qui tentent un truc, mais on sent que ce n’est pas tout à faire ça

Ici, vous trouverez évidemment :

  • Marches de l’Est.
  • Union Grand Est.
  • Rhin-Champagne.
  1. Les noms qui représentent vraiment quelque chose de concret

Ils sont rares, mais tout de même au nombre de 5 dont nous pouvons dégager 2 groupes :

  • Austrasia / Austrasie / Nouvelle Austrasie.
  • Grand Est / Grand Est de France.

Enfin des noms qui disent quelque chose : l’Austrasie, que j’ai évoqué en introduction, correspond le mieux à l’actuel territoire de la Grande région, quand le classique « Grand Est » est, probablement, le plus sûr puisque idéologique neutre, mais également, et c’est bien triste, territorialement neutre.

Nouvelle Austrasie emporte ma préférence, suivie du Grand Est de France.

  1. A quoi nous attendre ?

Suivant le vote et en regroupant les principales idées, on trouve un rapport de force que nous pouvons présenter comme suit :

  • Pôle « CAC 40 » (groupe 1) = environ 10%
  • Pôle « Est » (incluant « Union Grand Est », « Est Union », « Estrie » et « Marches de l’Est ») = autour de 60%
  • Pôle « Austrasie » = environ 10%
  • Pôle intermédiaire (« Rhin-Champagne ») = environ 10%
  • Pôle « Europe » = environ 10%

On veut donc raisonnablement imaginer que parmi les noms qui sortiront la semaine prochaine, nous retrouverons :

  • Grand Est (avec 46% je crois que le doute est de l’ordre de l’inexistence).
  • Austrasie.
  • Rhin-Champagne
  • À titre personnel, je table également sur île d’Europe, qui n’est pas forcément sorti de course, d’autant que le sondage n’a rien d’officiel.

Non, la loi El Khomri n’est pas une « procession libérale »

Myriam-El-Khomri-nombre-renouvellements-CDD-345x160C’est la polémique du moment : la fameuse loi El Khomri.

Faisant suite à la myriade de rapports tous plus stériles les uns que les autres, nous voilà enfin devant quelque chose de concret à nous mettre sous la dent.

Le Grand soir du droit du travail ? Et non. Un classique français : nous avons accouché d’une souris.

Et une souris qui a fait grand bruit compte-tenu de la pétition lancée par une militante pseudo-féministe dont tous le monde se contrefiche et qui faisait encore 0,29% aux dernières élections européennes en IDF.

Mais le point de cristallisation fondamental de ce texte ne diffère en rien de ce qu’on a connu ces dernières années. Je vous le donne en mille : cette « loi est libérale », crie en cœur toute la gauche (extrême droite comprise) avec des trémolos dans la voix comme Malraux rendant hommage à Jean Moulin.

Loin des passions et du verrouillage intellectuel étatiste de nombre de nos élites, voyons si cette loi est effectivement une « procession libérale ».

Raisonnons en juriste : appliquons une qualification aux faits pour en déduire le régime applicable.

La qualification est celle de loi libérale.
Les faits sont la loi El Khomri.

Le régime est la contestation.

Je ne vise pas ici à savoir si la loi est bonne ou non, mais si la motivation qui pousse depuis 1 mois à une levée de bouclier de la part de toutes les organisations antilibérales est justifiée si elles savaient de quoi elles parlent.

Puisque je ne peux faire l’économie de mon avis sur ce texte, voilà ce que je pense de ce texte.
Cette loi témoigne de deux choses que sont l’échec des politiques de l’emploi et un étatisme forcené de nos élites.

Sur l’échec des politiques de l’emploi, cela vient du fait que la France n’ai pas trouvé sa place dans la mondialisation, entrainant chômage de masse, déficits et montée du FN.

Sur l’État en revanche, la France est un pays qui s’est construit, à juste titre, autour de l’État, et ce n’est pas le souverainiste que je suis qui va critiquer cette belle idée. Au contraire, c’est sur ma vision libérale que je fais le plus beau compliment à l’État : est-ce rendre service à ce concept que de le laisser aux mains de l’Anti-France qui en fait un État obèse et omnipotent ? L’État doit retrouver une place qui lui permette d’agir de façon optimale et donc en le dégraissant radicalement pour lui redonner les moyens de ses fonctions régaliennes.

La loi El Khomri est symptomatique de ce pourrissement de l’État et des élites politiques, puisqu’il s’agit à mon sens d’une usine à gaz bonne pour faire de la communication, comme la plupart des lois que pond ce pays bien malheureusement.
Revenons à nos moutons : qu’est-ce qu’une loi libérale ?

En reprenant plusieurs définitions, j’ai pu en dégager une visant à synthétiser ce qui est dit par divers dictionnaires et encyclopédie.
Le libéralisme économique consiste en un laisser-faire des acteurs non-étatiques, avec l’idée que de cette liberté (d’entreprise, de concurrence et d’échange) naîtra l’intérêt général. Il s’oppose donc à toutes intervention et à tout contrôle de l’État. Ce sont ces deux points qui nous permettront de savoir si un point du texte est libéral ou non.

Si on suit cette définition, beaucoup me diront que ce n’est pas le libéralisme que je décris, mais l’ultralibéralisme, ce qui en dit long sur le formatage idéologique ambiant dans un pays qui est pourtant un des berceaux du libéralisme.

Sur les objectifs de la réforme

Les objectifs de la réforme sont, comme toujours, pleins de bonnes intentions : protéger les salariés, favoriser l’embauche, donner plus de marges de manœuvres et plus de libertés aux entreprises.

Imaginez un texte qui promette de fragiliser les salariés, favoriser le chômage, corseter les marges de manœuvres et plus de contraintes aux entreprises, et vous comprendrez que ces objectifs ne sont là que pour faire joli sur le papier.

Protéger les salariés et favoriser l’embauche, combien louables soient ces objectifs, supposent une politique active, donc une intervention de l’État. Il n’y a rien de libéral là dedans, d’autant que rien ne dit que ces objectifs ne peuvent pas être atteint par l’inaction de l’État.

Sur les marges de manœuvre et la liberté aux entreprises, en revanche, il n’y a pas photo : désengagement de l’État donc plutôt des objectifs, ici, explicitement libéraux.

Sur le temps de travail

Sur le temps de travail (TT), on retrouve :

– Le maintien des 35 heures.

– La majoration minimale de 10% des heures supplémentaires.

– Une durée maximum de travail de 46 heures hebdomadaires sur 16 semaines et de 10 heures de travail maximum avec passage jusqu’à 12 heures par accord collectif.

– Une durée maximale hebdomadaire de 60 heures.

– Une possibilité de passer au forfait jour par décision unilatérale de l’employeur.

– Les astreints incluses dans le calcul des congés.
Ici, les 3 première mesures supposent toujours un contrôle de l’État, donc ne sont pas libérales.

Les mesures du quatrième tiret supposent plus de souplesse (voire même trop puisque les 60 heures hebdomadaires sont contraires à l’article 6 de la directive 2003/88/CE, renforçant le coté « coup de com’ » de ce texte) mais un contrôle toujours présent.

Le coup du forfait-jour laisse la pleine liberté à l’employeur sans contrôle ni intervention. On est donc bien sur une mesure libérale.

Enfin, une mesure phare en matière de temps de travail porte sur les astreintes.
Cette mesure était selon moi la plus idiote de l’avant-projet du fait d’une déloyauté vis-à-vis du salarié que j’y voyais, jusqu’à ce que je m’y penche notamment grâce à un très bon article de Juritravail que les lettres d’information juridiques auxquelles je suis évidement abonné m’ont renvoyé.

Ici, les astreintes seront toujours soumises à une contrepartie financière ou de congés, ce qui est, fort heureusement, un principe d’ordre public.

Les droits du salarié sont garantis et il n’y a pas de place à la contractualisation du régime des astreintes, donc toujours d’importants gardes-fou étatiques.

Cette mesure n’est donc pas libérale.

Sur le licenciement

Concernant le licenciement, l’avant-projet :

– Précise les conditions du licenciement pour motifs économiques (LPME).

Ici, on est sur un contrôle des conditions via la loi. Contrôle donc une mesure non-libérale en apparence. Or, en précisant les conditions, on précise l’office du juge. J’y reviendrai plus tard.

– L’élargissement des conditions de LPME.

Le contrôle est ici assouplit. On est sur une mesure de libéralisation sans être totalement libérale.

– La possibilité de licenciement pour motif personnel en cas de refus d’accord collectif de modulation du TT et de salaires.

On ouvre ici un droit. Il y a donc moins de contrôle. Même chose que pour le point précédent.

– L’instauration d’un plafond de dédommagement en cas de licenciement abusif. Ce plafond ne s’applique toutefois pas en cas de faute grave de l’employeur.

Précisons ici que cette mesure, à mon sens nécessaire dans le cadre d’une visibilité propre à l’activité d’une entreprise (aboutissant à des situations ubuesques), sert déjà, par anticipation positive, aux rupture conventionnelles.

Ensuite, ici, l’instauration d’un plafond constitue un contrôle sur l’action … du juge.

Tout comme les deux premières mesures concernant le licenciement, on restreint l’appréciation du juge.

La grosse question vient donc du fait que le juge voit son office précisé voire contracté. Est-on donc dans une intervention ou plutôt, un contrôle étatique ?

Dans le lien cité pour le plafonnement indemnitaire en cas de licenciement abusif, on voit une situation où l’État (une décision de la Direccte) se voit condamné par lui-même (le tribunal administratif de Lille). C’est le propre du droit administratif, mais cela pose un problème évident lorsqu’on se pose la question du caractère libéral ou non d’une mesure.

En précisant et en tassant l’action du juge, on peut dire qu’il contrôle sa propre action. Cela peut donc sembler libéral. Mais en allant plus loin, on se rend compte que les pouvoirs législatifs et exécutifs limitent ici le pouvoir judiciaire. La séparation des pouvoirs est affaiblie. La séparation des pouvoirs née de la pensée libérale.De plus, l’Etat fixe un montant maximum d’indemnisation du licenciement abusif. Restriction du pouvoir du juge et plafonnement d’indemnisation. Une mesure donc patronale mais pas libérale.

Sur les accords collectifs

L’avant-projet porte également sur les accords collectifs.

– Ouverture des accords de modulation du TT et des salaires aux entreprises cherchant de nouveaux marchés.

On est ici sur un droit ouvert aux entreprises, donc un contrôle et une intervention étatique réduite.

– Primauté de l’accord sur le contrat de travail.

Rien de nouveau sous le Soleil. Un mesure qui reste non-libérale mais qui est toujours plus libérale que beaucoup d’autres.

Je répète ici que le fait que la mesure soit libérale ou non ne préjuge pas de mon avis. La nécessité de donner plus de place à l’accord collectif est, par ailleurs, pour moi, fondamental donc une bonne chose.

– Ouverture du droit à référendum sur demande de syndicats minoritaires représentant 30%.

On est ici sur un mécanisme de contrôle démocratique. Au sens philosophique, c’est en effet plus libéral, même si économiquement la place des acteurs privés n’est en rien modifiée.

Sur le compte personnel de formation

Pour finir, le CPF est précisé. Qui dit précision dit contrôle. Qui dit contrôle … je vous laisse déduire la suite.

Pour conclure

Aux vues de ce que nous venons de voir et si nous comptabilisons, sur un total de 18 mesures actuelle connues à ce jour (sur un texte de 120 pages environs présenté sous peu en Conseil des ministres), nous avons un score de 9 mesures de libéralisation (sachant que 2 des 3 mesures sur les accords collectifs sont neutres donc valant 0,5 chacune).

Sur ce que nous connaissons, cet avant-projet est ni plus libéral ni plus étatiste qu’un autre texte.

Constatons également que l’avant-projet se borne à libéraliser le régime du licenciement (avec un score de 4/4) mais ne touche pas à un élément essentiel de la politique sociale qui est le temps de travail (1/6).

Ce caractère clairsemé prouve que cette loi est davantage une loi destinée à concilier la CGT et le MEDEF. L’un, en ne touchant pas aux sacro-saintes 35 heures, l’autre en assouplissant les conditions du licenciement.

On est donc sur une loi davantage patronale que libérale, servant les intérêts des chefs d’entreprise avant de servir ceux de l’entreprise. On a simplement orienté la législation vers le patronat au lieu de la dégraisser tout simplement.

Beaucoup de chefs d’entreprises ne sont pas libéraux. Certains ne veulent pas de concurrence et, une fois installés, préfèrent entretenir leur mono/oligopole.

Or, et c’est bien là l’objectif du projet présidentiel que je soutiens porté par François Fillon : il faut casser les rentes, aider la création d’entreprise et, par elle, l’innovation.

Aussi, ce texte anime en moi le même dépit que le rapport Badinter : des étoiles dans les yeux en voyant 61 principes dont on espère au fond qu’ils constitueront le prochain code du travail ; puis un étrange sentiment d’amertume lorsque je découvre qu’il s’agit en fait du préambule du projet de réforme dudit code …

Enfin, il faut reconnaître un constat : les modifications dans le droit doivent et sont souvent issus de l’observation des contentieux devant les tribunaux. Travaillant moi-même actuellement au sein d’un tribunal, je ne peux que constater que le législateur tarde largement à agir, préférant le coup de comm’ au coup de balais.

Note pour un ami qui se reconnaitra : non, cette loi n’est pas non plus « ultralibérale ».

« Mais arrêtez donc d’emmerder les Français. Il y a beaucoup trop de lois, trop de règlements dans ce pays. »
Georges Pompidou, Premier ministre, à Jacques Chirac, 1966