Mutation du Parti socialiste : l’échec des utopies

La deuxième partie de ma chronique sur l’émergence d’un SPD français vient de paraître sur Contrepoints.
Après une première partie consacrée à l’histoire du programme de Bad Godesberg, retour en France avec le tournant de la rigueur de 1983 et l’émergence du rocardisme.

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Dimanche, votons pour une vraie alternative !

Il y a 15 ans, ma conscience politique s’est éveillée.

Le vendredi précédant l’élection, les sondages donnaient Chirac à 19 %, Jospin à 18 et Le Pen à 14.

Tous le monde connaît de la suite.

Durant la primaire, je me souviens des sondages donnant François Fillon à égalité avec les 2 favoris la veille.
Tous le monde connaît de la suite.

Dimanche, tout est possible.

Dimanche, nous n’élirons ni une rock-star, ni une mère de substitution, mais le chef d’État de la cinquième puissance mondiale. Les caprices n’auront aucune place dans l’isoloir.

Compte tenu du bilan laissé par le tandem Hollande-Macron, il nous faut un véritable projet de rupture.

Compte tenu du contexte sécuritaire qui nous a été tristement rappelé hier soir, il nous faut un homme d’autorité.
Compte tenu du contexte international, entre Trump, Assad, Poutine, Daech et Kim Jong Un, il nous faut plus un homme d’expérience.

Voter Macron = Voter Hollande.
Voter Le Pen = Voter Macron.

Chaque électeur doit en avoir conscience au moment de voter.

Chaque électeur sera responsable de son choix durant les 5 prochaines années.

Ghost in the Shell : mon analyse sur Contrepoints et ma critique du film

Retrouvez ici mon dernier article paru sur Contrepoints.

Lorsque la nature humaine est altérée, que reste-il du droit naturel ?

Sans titre 6

Mon avis sur le film

En tant que film à part entière, il faut savoir que je l’ai visionné en marge de la conférence organisée par Apocryphos intitulée Le Machinisme dans la Littérature (verbatim sous peu), j’ai profité du sujet pour aller voir un film que beaucoup d’attendaient depuis près d’un an : Ghost In The Shell.
Assez proche de l’inspiration principale de l’auteur du manga, à savoir Blade Runner, et malgré des changements naturels pour un blockbuster, le film reste fidèle à l’oeuvre de Masamune Shirow tout en explicitant un certain nombre de questions philosophiques, autour de deux parties distinctes : la robotique comme amélioration de l’homme et la robotique comme création prométhéenne.
Au premier chef, le film s’intéresse en filigrane à la complémentarité homme-machine, avec leurs défauts respectifs. Entre froideur et utilitarisme robotique et émotions humaines, l’équilibre entre cumul de qualités et cumul de défauts est régulièrement évoqué, avec le personnage joué par Juliette Binoche, représentant à tous les sens du terme l’idée d’humanité.
On retrouve, de ce fait, la question classique du Cyberpunk de ce qui différencie l’homme de la machine, comme hier la question se posait de la distinction entre l’homme et l’animal.
Qu’est-ce qui caractérise l’identité d’un individu ? Son corps ? Ses souvenirs ? Ses actes ? Que reste t-il de soi lorsqu’on se voit retirer son passé et son enveloppe charnelle ?

En tant qu’adaptation, il faut ajouter au préalable que je l’attendais depuis longtemps, ayant découvert l’univers très tardivement (été 2014) alors que je connaissait la légende de nom depuis déjà vingt ans.
De ce fait, ce film est, à mon sens, un excellent hommage à l’univers original. J’ai du mal à comprendre les critiques très acerbes qui circulent sur internet, car le film est vendu comme un blockbuster hollywoodien. Il était donc normal que l’oeuvre allait être toiletté pour convenir à un public plus large.
Le mot d’esprit consistant à voir ce film comme un « shell sans le ghost » convient largement à ce film. Rupert Sanders est un très grand fan du matériau original, et cela se voit dans la manière de présenter l’univers. Le film est superbe. Mais, et c’est là que je comprend les puristes, l’univers initial étant d’une trop parfaite complexité pour le commun de mortels, il a fallu lisser les enjeux pour que le spectateur de base ne soit pas perdu.
Mais cela est le propre de toute adaptation américaine mainstream. Je le déplore aussi, mais il fallait être naïf pour s’attendre à voir le contraire. C’est même assumé par Rupert Sanders, qui voit le film comme une introduction à l’univers. Il était bloqué entre le message très complexe du matériau original et les exigences commerciales, ce que n’avaient pas, par exemple, les sœurs Wachowski.
Introduction qui, du fait de la naïveté de certains et d’une certaine bienpensance qui aime les polémiques stériles sans intérêt (whitewashing, prétendu racisme de Scarlett Johansson …), ne servira à rien, puisque le démontage en règle que subit le film fait qu’il est très incertain qu’une suite puisse avoir lieu., au grand dam de certains …

Enquête dans les swing-states français

On l’a vu lors de l’élection présidentielle américaine : les fameux swing-states, ces États pivots pouvant passer dans un camp ou dans un autre au gré des élections, ont fait basculer tous les pronostics. Donnant une majorité de grands électeurs au candidat républicain, ces États indécis, comme la Caroline du Nord, l’Ohio ou la Floride, ont tous été remportés par le magnat de l’immobilier.
Si la question des swing-states est fondamentale pour l’élection présidentielle américaine, c’est du fait de la particularité du mode de scrutin américain : le suffrage universel indirect.

En effet, l’élection du président des États-Unis se passe en deux temps :

Dans un premier temps, les citoyens américains élisent des grands électeurs. Désignés par les partis, leur nombre est proportionnel au nombre d’habitants dans l’État fédéré.

La règle du « winner-takes-all », appliquée dans la totalité des États à l’exception du Maine et du Nebraska, fait que le camp qui aura eu la majorité des suffrages remportera la totalité des grands électeurs de l’État. Cette majorité étant relative, le camp élu l’est toujours avec un score inférieur à 50 % des suffrages. C’est la même chose au niveau national.

Dans un second temps, ces grands électeurs, soumis à un mandat impératif pour l’écrasante majorité d’entre eux, élisent le président des États-Unis.

Il arrive que les grands électeurs ne correspondent pas aux suffrages exprimés, et donc de voir un président élu avec moins de suffrages que son adversaire. Cela qui explique la victoire de Donald Trump et, avant lui, de Georges W. Bush en 2000, Benjamin Harrison en 1888, Rutherford Hayes en 1876 et John Adams en 1824, sans que personne ne s’en émeuve en 192 ans.

De ce fait, il est fondamental d’avoir une majorité de voix dans la majorité des États. Cela rend la question des swing-states fondamentale.

La France n’étant pas fédérale, les régions n’ont pas la même place que les États fédérés américains. De même, depuis 1962, l’élection présidentielle se déroule au scrutin universel direct : les électeurs élisent directement le président de la République.

Ceci étant, la question des grands électeurs dépend directement de la population de l’État en question. De ce fait, il est possible de transposer cette question au système électoral français, certaines régions étant plus peuplées que d’autres et disposant d’une sociologie particulière.

Quelles sont donc ces régions pivots ? Quel électorat les compose ?

Enquête dans les swing-states français.

  1. Historique des swing-states

Les swing-states sont donc des États indécis, voguant au gré des marées électorales. Généralement, leur tendance électorale se dessine dans les dernières semaines, voire, dans les derniers jours, comme ce fût le cas en 2016.

Si ces États changent régulièrement de majorité, les swing-states eux-mêmes ont évolué dans le temps.

Les principaux États-clefs, au dix-neuvième siècle, étaient le Connecticut, l’Indiana, le New Jersey et New-York. Au milieu du vingtième siècle, on retrouve le Texas et l’Illinois.

Aujourd’hui, les États pivots sont l’Ohio, le Wisconsin, la Pennsylvanie et la Floride. Ce dernier est, au moins depuis l’élection de 2000, l’État sur lequel la plupart des médias internationaux se focalisent le mardi qui suit le premier lundi du mois de novembre, tous les quatre ans.

Ces quatre États représentent à eux seuls 80 grands électeurs, soit suffisamment pour faire basculer une élection qui se joue généralement à 200 grand électeurs près. La question étant liée à leur population, c’est surtout un électorat que chaque candidat vient chercher.

De même, les élections présidentielles françaises supposent d’aller chercher certains électorats afin de l’emporter au soir du second tour. Cet électorat étant à la social et géographique, les régions françaises et leur spécificités ont un rôle majeur.

Pour des raisons de clarté, nous exclurons de notre analyse les élections de 1969 (Pompidou-Poher) et 2002 (Chirac-Le Pen) du fait de leurs spécificités, ne correspondant pas à une confrontation gauche-droite classique.

« En politique, tout est démographique », m’a-t-on dit tout récemment. Tout est affaire de nombre. Comment mobilier le plus grand nombre ? On parle beaucoup des électorats au sens social : les fonctionnaires, les CSP+, les ouvriers … Mais très peu au niveau géographique.

De la même manière, certaines régions, plus peuplées, sont davantage prisées par les candidats que d’autres, comme en témoignent les déplacements de Nicolas Sarkozy puis d’Emmanuel Macron dans les terres ouvrières du Nord, acquises autrefois aux communistes et aujourd’hui au Front national.

De ce fait, on peut déjà noter quelles régions, avant et après 2015, sont les plus peuplées.

Avant 2015, celles-ci étaient :

  • L’Île-de-France.

12 millions d’habitants.

  • Rhône-Alpes.

6,5 millions d’habitants.

  • Provence-Alpes-Cote d’Azur.

5 millions d’habitants.

Après 2015, ce classement a relativement été chamboulé :

  • L’Île-de-France.

12 millions d’habitants.

  • Auvergne-Rhone-Alpes.

7,8 millions d’habitants.

  • Hauts-de-France.

6 millions.

Cette nouvelle répartition, née de la réforme territoriale de 2015 sur laquelle j’ai beaucoup écrit, n’est pas sans rappeler une pratique politicienne que les étudiants en droit connaissent bien, à savoir le gerrymandering

Cette pratique consiste à découper des circonscriptions électorales de manière à favoriser un camp plutôt qu’un autre. Elle tire son nom d’un gouverneur du Massachusetts du début du XIXe siècle, Elbridge Gerry, qui a été accusé de dessiner une circonscription en forme de salamandre. Gerry + salamander = gerrymander.

Prenons un exemple très simple :

Vous avez un territoire donné, avec 15 personnes. Sur les 15, 9 votent pour les libéraux, 6 pour des socialistes. Si on prend la circonscription complète, tous les élus seront libéraux, car la majorité de la population de ce territoire vote pour des libéraux.

Cependant, en divisant ce territoire en trois parties en mettant 3 socialistes dans 2 des trois parties, on aboutit à 2 élus sur 3 qui seront socialistes, alors que le ratio est sensiblement différent.
Cela donne un pouvoir considérable aux cartographes quant aux conséquences politiques de leurs décisions, comme dans notre démonstration, dans le cadre des élections régionales de décembre 2015.

Pourtant, il s’agira ici de nous focaliser sur les régions historiques, à savoir celles qui correspondaient auparavant peu ou proue aux provinces d’ancien régime.

  1. Les régions qui n’en sont pas (régions ancrées)

Avant la réforme territoriale de 2015, on retrouve un certain nombre de régions qui ont très peu évolué dans leur choix. Sur les 7 élections présidentielles à partir desquelles nous pouvons tirer des conclusions, on retrouve 17 des 22 régions.

À droite, on retrouve 9 régions :

  • L’Alsace.

Sur 7 scrutins, elle a fait quasiment un sans-faute, à l’exception du Haut-Rhin lors de l’élection de 1988, qui a apporté une majorité de suffrages à François Mitterrand.

  • Le Centre.

Hormis en 1981, 1988 et 2012, la région a été majoritairement à droite, même si elle reste une des moins ancrées de ce classement.

  • La Champagne-Ardenne.

Cette région a voté à droite 5 fois sur 7.

  • La Corse.

Mieux que l’Alsace, la Corse a voté 7 fois à droite sur 7 élections.

  • La France-Comté.

Malgré l’îlot belfortain, longtemps dominé par Jean-Pierre Chevènement, ce qui en fait un département à part dans cet ensemble régional comprenant le Doubs, le Jura et une partie de Saône, la Franche-Comté a voté 5 fois à droite sur 7 élections. Une nouvelle fois, l’ombre tient dans la période mitterrandienne.

  • La Lorraine.

Malgré une réputation de terre de gauche alimentée par la Meurthe-et-Moselle, cette terre de l’Est chère à Barrès a accordé ses suffrages à la droite républicaine 6 fois sur 7.

  • La Basse-Normandie.

Hormis les élections présidentielles de 1988, la région de Michel d’Ornano a voté 6 fois sur 7 pour le parti gaulliste.

  • Les Pays de la Loire.

Enfin, la région natale du candidat des Républicains, comportant la Vendée, a accordé ses suffrages à la droite à chaque scrutin, malgré plusieurs scrutins serrés, comme en 1981, 1988 et 2012.

  • Rhône-Alpes.

5 sur 7 en faveur du candidat de droite.

À gauche, les régions ancrées ne sont plus que 8 :

  • L’Aquitaine.

Alain Juppé, Jacques Chaban-Delmas … Des noms de droite pour une région séduite 5 fois sur 7 par François Mitterrand et ses successeurs.

  • L’Auvergne.

La région chère à Valéry Giscard d’Estaing a pourtant voté 5 fois sur 7 pour le candidat à la rose.

  • Languedoc-Roussillon.

Feu Georges Frêche, maire de Montpellier, ne devait pas être peu fier de sa région : 5 sur 7 !

  • Le Limousin.

La terre de l’actuel président de la République a voté 6 fois sur 7 pour le candidat socialiste.

  • Le Nord-Pas-de-Calais.

Région ouvrière, terre d’élection de Pierre Mauroy et Martine Aubry, a accordé ses suffrages 5 fois sur 7 à la gauche.

  • La Haute-Normandie.

5 sur 7.

  • Midi-Pyrénées.

La région dont la ville rose était la capitale a voté 7 fois sur 7 dans la bonne couleur.

  • La Picardie.

5 fois sur 7, cette région au nord de Paris a été séduite par les chants du Parti socialiste.

Après la réforme territoriale de 2015, le palmarès ne change quasiment pas, puisque les régions ont été, il faut le reconnaître, politiquement assez bien dessinées :

Pour la droite, on retrouve :

  • Bourgogne Franche-Comté.

  • Centre-Val de Loire.

  • Corse.

  • Grand Est.

  • Normandie

  • Pays de la Loire.

Du coté socialiste, une nouvelle fois, rien de nouveau :

  • Hauts-de-France.

  • Nouvelle Aquitaine.

  • Occitanie.

Une fois cela posé, qu’est-ce que cette carte recouvre sociologiquement ?

S’agissant des régions marquées à droite, on constate rapidement qu’il s’agit de territoires ruraux, avec de faibles disparités spatiales. Leur sociologie est dominée par la moyenne bourgeoisie.
Cela se voit aussi bien dans les territoires du Nord-Ouest, ruraux, bourgeois et dotés de bonnes infrastructures, qu’en Rhône-Alpes ou dans le Nord-Est qui a la particularité d’avoir un modèle plus hiérarchique que les terres du Sud-Ouest.

Enfin, la Corse et sa population littorale, à l’agriculture ancienne et dotée d’une forte économie touristique, explique également cette prééminence du vote de droite.

S’agissant des terres de gauche, à savoir le Nord et le Sud-Ouest, on constate à l’inverse une population ouvrière, urbaine, avec une forte fonction publique, mais également avec des engagements à gauche très forts, que ce soit dans le Nord avec le Parti communiste ou dans le Sud-Ouest et les luttes radicales-socialistes. La population y est moins catholique, et dispose, à l’inverse du Nord-Est, d’un modèle familial plus égalitaire.

  1. Les régions qui en sont

Mais qu’en est-il des régions qui sont, précisément, des swing-states français ?

Ici, on retrouve deux groupes de régions, avec la même proportion des deux côtés : 4 fois sur 7 pour chaque région.

Parmi les régions qui ont voté 4 fois sur 7 à gauche, on retrouve :

  • Bourgogne.

  • Bretagne.

  • Île-de-France.

  • Poitou-Charentes.

La seconde catégorie ne comporte qu’une seule région, avec cette particularité d’avoir basculé à droite en 1988 et de ne plus avoir voté à gauche à un scrutin présidentiel depuis.

  • PACA.

Après la réforme de 2015, ces régions ont, une nouvelle fois, quelque peu évolué :

  • Auvergne-Rhone-Alpes.

  • Bretagne.

  • Île-de-France.

  • PACA.

  • Normandie.

Encore une fois, que peut-on dire de ces territoires ?

  • Auvergne-Rhone-Alpes.

Une région très diverse, très hétérogène. Cette région, bien davantage que le Grand-Est, constitue un patchwork sans cohérence d’aucune sorte.

  • Bourgogne.

Subissant un exode vers Paris, la Bourgogne dispose d’un maillage urbain dense, mais composé de petites villes.

Malgré une agriculture périclitante et une industrie qui perd du terrain, on retrouve toutefois une région avec de bons axes de transport et un secteur public et tertiaire qui se renforce.

  • Bretagne.

Première région agricole du pays, spécialisé dans l’industrie agroalimentaire, un enseignement secondaire qui prendre de l’ampleur et avec un fort secteur touristique, la Bretagne attire des jeunes actifs et des retraités.

  • Île-de-France.

Une population évidemment très dense, avec pour centre névralgique Paris. La capitale et son agglomération concentrent 90 % de la population. La plupart des installations urbaines et de transports sont, de fait, tournés vers Paris.

Étonnamment, cette région est la première région industrielle du pays et dispose de 80 % de terres rurales.

  • Poitou-Charentes.

Avec une faible concentration démographique entre La Rochelle et Poitiers, cette région encore très industrielle se développe essentiellement par la clientèle touristique venant de l’ouest du pays et par l’agriculture.

  • Provence-Alpes-Cote-d’Azur.

Troisième région en termes de population, le littoral concentre 80 % de la population.

Ayant été oubliée par la révolution industrielle, la région profite toutefois d’une bonne industrie des télécommunications, d’un réseau de transport performant et du statut de deuxième région touristique du pays.

Que peut-on en déduire ?

Les régions pivots ont, en grande majorité, les traits suivants :

  • Une forte concentration de population.

Toutes les régions sauf la Bourgogne sont ici concernées.

Paris concentre 90 % de la région Île-de-France lorsque le littoral méditerranéen concentre la 80 % de la population de la région PACA.

  • Une forte population.

C’est le cas de la Bretagne, qui connaît un afflux de jeunes actifs et de retraités, mais aussi l’Île-de-France et la région PACA.

  • De bonnes infrastructures.

Toutes les régions étudiées ici sont concernées.

  • Une économie diversifiée.

On retrouve la même concentration entre les secteurs industriels, touristiques et agricoles.

Il est intéressant de noter l’Île-de-France et la région Poitou-Charentes sont les plus proches, en termes de vote, de la moyenne nationale à l’exception de 1974 et de 2007.

Ces deux régions, de par leur urbanisation et leur économie, se complètent fortement et montrent ce qui fait l’indécision électorale aujourd’hui.

L’île de France est, en effet, une région à forte densité de population (1000 habitants / km²) à la hauteur de son importance (plus de 12 millions d’habitants).

Cette région est fortement centralisée autour de Paris, tel un trou noir, qui englobe une bonne part de l’économie de la région. L’aire urbaine de la capitale dépassant d’ailleurs largement la région.
Cette deuxième région européenne concentre 30 % du PIB métropolitain et conserve, malgré les 9 emplois sur 10 dans le secteur tertiaire, notamment haut de gamme, une économie assez diversifiée.

La région est donc caractérisée par de fortes disparités urbaines tout en ayant une économie diversifiée.

La région Poitou-Charente, quant à elle, est l’inverse.

Avec de fortes disparités démographiques, tout en ayant une croissance au niveau littoral et un maillage de villes moyennes denses, cette région concentre ses activités autour de l’agriculture et du tourisme. Les vignobles, maraîchers et laitiers sont en effet très nombreux dans cette région littorale.

Si la Charente-Maritime est le département le plus attractif de la région, la région est marquée par des agglomérations de taille comparable.

Ici, on a affaire à une région à faibles disparités urbaines, avec des bourgs de taille similaires, malgré de fortes disparités démographiques. Cette région est également plus spécialisée s’agissant de son économie.

Autant de points qui font de la région Poitou-Charentes un contre-pied à la région parisienne.

Si la région Poitou-Charentes dispose d’une population qui ne ressemble pas au profit type de l’électeur indécis, l’Île-de-France s’en rapproche largement, avec savoir une population jeune, de CSP+, mais moins féminisée que la moyenne française.

  1. Et les DOM-TOM ?

Avec 2,7 millions d’habitants, les départements et territoires d’outre-mer constituent évidemment un vivier de voix importants.

Si le manque d’informations sur les résultats pose problème s’agissant de la Nouvelle-Calédonie, des Comorres et la Polynésie, nous pouvons tirer des conclusions sur 6 départements et territoires d’outre-mer.

  • Dans l’Océan Atlantique.

Nous basant sur les résultats de la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et Saint-Pierre-et-Miquelon, on constate un fort contraste, entre des territoires très marqués à gauche, comme la Guadeloupe, d’autres très marqués à droite – La Guyane (nos hommages à Madame Taubira) – avec, au milieu, des territoires plus contrastés.

  • Dans l’océan Indien.

N’ayant trouvé que les résultats de la Réunion, on constate un fort contraste, avec 4 votes à gauche, 2 à droite, et une élection très serrée (cas récurrent dans les DOM-TOM) en 1974.

  • Dans l’Océan Pacifique.

Ici, comme pour l’océan Indien, je n’ai pu trouver que les résultats de Wallis-et-Futuna.

Ce territoire constitue, également, un territoire contrasté, avec 4 votes à droite, 2 à gauche et une élection de 2007 où les deux candidats – en l’occurrence Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy – étaient à 50-50.

On a donc, aux vues informations que nous pouvons glaner, des DOM-TOM assez hétérogènes, avec une sociologie particulière.

Avec un niveau de vie nettement inférieur à celui de la métropole – de l’ordre de 10 % – et un chômage trois fois plus élevé, inversement proportionnel au coût de la vie, les DOM-TOM dépendent fortement de la métropole.

En parallèle, cette dépendance permet aux territoires ultra-marins en fait, par rapport à leur zone géographique, des îlots d’abondance.

Le principal secteur est, sans surprise, le tourisme.

  1. Et 2017 ?

Une fois cette analyse faite, quid des enjeux pour 2017 ?

La plupart des enquêtes situent trois enjeux majeurs, ici listés par ordre d’importance :

  • La question terroriste.

  • La lutte contre le chômage.

  • La fiscalité.

En regardant plusieurs cartes, on voit où sont concentrés ces enjeux :

  • La question du terrorisme.

Les principaux attentats se sont déroulés à Paris, dans la région lyonnaise et à Nice.

  • La lutte contre le chômage.

Les plus hauts niveaux sont dans les Hauts-de-France, en Occitanie, PACA, Normandie et Grand-Est.

  • La fiscalité.

Puisque les impôts nationaux sont les mêmes partout, il s’agit de diviser en deux parties notre analyse :

    • D’une part, les impôts locaux, sur lesquels le Président de la République n’a cependant que peu de prises.

On trouve ici, s’agissant d’une forte fiscalité locale, les Hauts-de-France, le Grand-Est, le Centre et la région PACA.

    • D’autre part, le revenu moyen.

En effet, du fait de l’imposition progressive, les catégories aisées paient proportionnellement plus d’impôts que les personnes plus modestes, sachant que 50 % des foyers ne paient aucun impôt.

Nous retrouvons donc ici la région parisienne, l’Alsace, la région Rhône-Alpes-Auvergne et la région PACA.

Qu’en déduire ?

Les principaux enjeux de ce scrutin sont localités, par ordre de récurrence, autour de 8 régions :

  • Provence-Alpes-Cote d’Azur.

  • Grand-Est.

  • Hauts-de-France.

  • Auvergne-Rhône-Alpes.

  • Île-de-France.

  • Centre.

  • Occitanie.

  • Normandie.

En recoupant cette liste avec celle de nos régions pivots, voici les régions qui seront, cette année, au cœur de l’attention :

  • PACA.

  • Auvergne-Rhône-Alpes.

  • Île-de-France.

  • Normandie.

Essayons, à présent, de gagner en précision, en recoupant cette liste avec celle de la population :

  • L’Île-de-France.

  • Auverge-Rhône-Alpes.

  • Provence-Alpes-Cote d’Azur.

Enfin, regardons les intentions de vote dans ces trois régions :

  • L’Île-de-France.

Une région cette année largement marquée à gauche, avec un cumul des voix de gauche (Macron, Hamon, Mélenchon, Jadot et les trotskystes) à hauteur de 58 %.

    • Emmanuel Macron : 24,5 %.

    • François Fillon : 19 %.

    • Marine Le Pen : 19 %.

  • Auverge-Rhône-Alpes.

Comme l’IDF, cette région reste ancrée à gauche, avec 51 % de voix.

    • Marine Le Pen : 26 %.

    • Emmanuel Macron : 23 %.

    • François Fillon : 20 %.

  • Provence-Alpes-Cote d’Azur.

Exception de cette liste : un vote de droite à prêt de 57 %.

    • Marine Le Pen : 36 %.

    • Emmanuel Macron : 19,5 %.

    • François Fillon : 18 %.

  1. Conclusion

On l’a vu, poser la question de l’existence de swing-states français, du fait du mode de scrutin bien particulier en vigueur outre-Atlantique depuis plus de deux siècles.

Les swing-states français, ou régions pivots dépendent largement de la population de ces territoires.

La territorialité du vote est connue. Le nord-est et les Nord-Ouest étant classiquement à droite lorsque la gauche domine dans le Nord et le Sud-Ouest.

Cependant, on parle très peu des régions moins ancrées dans un camp, et qui constituent une diagonale nord-ouest / Sud-Est, entre Haute-Normandie et Provence-Alpes-Cote-d’Azur.

Cette carte permet également de mieux comprendre la géographie de ces indécis qui ne se fixent qu’au dernier moment du vote.

Une géographie qui pourrait, cette année, être largement utile dans le contexte des enjeux structurants du vote.

Toute campagne présidentielle repose sur ce qui est ressenti comme les échecs du mandat précédent.

Il est donc naturel que nous trouvions cette année des thèmes comme le terrorisme, remplaçant le sujet classique de l’insécurité, l’évident problème chômage ou encore la fiscalité.

En cela, le prochain président de la République sera naturellement celui ou celle qui prendra à bras le corps les sujets régaliens tout en laissant de la liberté aux Français.

Pour cela, il faudra appuyer dans mes points névralgiques de cette colère : l’Île-de-France d’une part, et la Provence d’autre part.

Ces deux régions seront fondamentales dans l’issue du scrutin.

François Fillon, notre candidat !

Voici une retranscription d’une tribune parue ce matin sur ma page Facebook.

« Certains le savent, depuis plusieurs mois, je laisse les publications courantes à mon compte Twitter.
Seulement, depuis bientôt deux semaines, quelque chose me démange.
Simple militant, j’ai pourtant le sentiment qu’il faut que je dise ce que j’ai sur le cœur.
Séguiniste depuis mon adolescence, j’ai passé les 5 dernières années à suivre ceux qui portaient le flambeau d’un gaullisme moderne : Paul-Marie Coûteaux, Henri Guaino puis François Fillon.
Après une campagne difficile, les élections primaires ont été un immense succès populaire. Une élection au résultat aussi net qu’inattendu.

J’aime la chose publique depuis mes 11 ans. Pourtant, jamais je n’aurais cru être autant affecté par une situation qui ne me concerne en rien sur le plan personnel.
Depuis 10 jours, allumer une télévision, une radio, un ordinateur est devenu pour beaucoup d’entre nous un calvaire tant le feu nourri des attaques est incessant.
Pourtant, malgré tout, mes convictions en faveur de François Fillon, de l’homme, de sa personnalité, de son projet et de sa philosophie, sans pour autant verser dans un fanatisme que j’ai trop vu au cours des campagnes, restent intactes.

Juriste, j’ai une confiance naturelle en la justice et un dégoût profond pour les tribunaux populaires et médiatiques.
Je ne sais pas si François Fillon est coupable ou innocent. Cela me passe au-dessus, n’étant pas compétent pour en juger.

De même, je refuse de faire un quelconque amalgame entre l’affaire et le projet porté par le candidat de droite.

Le quinquennat ayant lié l’élection législative à l’élection présidentielle et la situation en circonscription font que j’entends les craintes de certains élus, sans les excuser, qui semblent ne pas avoir « le cuir solide » que suppose le travail politique. Ce type de questions se règlent en interne.
Dans ce sens, il faut saluer la tribune signée par plus de 250 élus pour soutenir notre candidat ce jeudi.

Je dois toutefois reconnaître avoir été déçu par les communicants qui, après avoir contribué à la victoire de notre champion à la primaire, ont aujourd’hui participé de la situation.

La crédibilité de la droite est aujourd’hui en cause, au point que la France risque de devoir faire un choix entre 50 nuances de gauche.
Les affaires sont le lot des élections présidentielles. Si certaines partent rapidement – l’affaire Markovic – d’autres sont fatales – l’affaire Chaban – qu’importe la culpabilité de l’intéressé.
En effet, l’affaire est aujourd’hui devenue morale.

Je ne peux m’empêcher de voir un parallèle avec un jeu qui m’a tant appris : le poker.
Nous sommes à l’avant-dernière carte. En face, l’adversaire est à tapis. Faut-il se coucher ou suivre ? Il s’agit de voir la chose en termes de risque-récompense.
Si François Fillon abandonne, s’il se couche, c’est la crédibilité de la droite pour de nombreuses années qui s’effondre.
S’il suit, il aura tout à gagner, qu’il s’en sorte ou pas. Sorti d’affaire, il sera plus fort que jamais pour continuer la campagne et les 5 années qui s’annoncent. S’il échoue, il sauvera l’honneur des siens.
Ainsi, j’attend énormément du Checker’s speech qui s’annonce aujourd’hui. Un déballage attendu par nombre de Républicains depuis 2 semaines …

Quoi qu’il arrive, je reste filloniste dans la tête et dans les tripes, et cela n’est pas près de changer.«